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Qui est Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis qui s'est retrouvé au milieu des étudiants manifestants en France ?
- Author, Abdou Aziz Diedhiou
- Role, BBC News Afrique
- Published
- Temps de lecture: 6 min
Dans une vidéo qui fait le buzz sur les réseaux sociaux, Bally Bagayoko, maire de la ville française de Saint-Denis, en banlieue parisienne, se tient face aux forces de l'ordre lors d'une manifestation à Paris mardi. Protégeant avec son corps de jeunes manifestants et criant « arrêtez » à l'endroit des forces de l'ordre prêtes à charger la foule, le maire de Saint-Denis a déclaré qu'il soutenait les étudiants de sa banlieue parisienne populaire et que les manifestants ''pourraient être mes enfants''.
Symbole du soutien de la contestation
Les images de Bally Bagayoko criant de toute ses forces "Arrêtez ! Reculez ! Arrêtez de pousser !", tentant de calmer les tensions entre des jeunes manifestants et les forces de l'ordre lors d'une manifestation à Paris le 6 octobre ont fait le tour du monde. Elles sont depuis reprises par certaines chaînes internationales.
En effet, devant un cordon de policiers qui avançaient vers les jeunes manifestants, le maire de Saint-Denis, habillé d'un ensemble de costume gris, d'une chemise blanche, entouré par les jeunes, s'est dressé entre les deux groupes et a tenté de calmer la situation au milieu des bousculades.
Cet édile de cette commune française de la banlieue parisienne a dû s'employer physiquement avec son corps pour empêcher que la police charge la foule.
"Ils ont décidé de charger et de s'en prendre aux lycéens, dont la plupart n'ont montré aucune agressivité quelle qu'elle soit envers les agents de police", a raconté Bally Bagayoko à Reuters.
Très engagé aux côtés des lycéens depuis le début de leur mobilisation, Bally Bagayoko est désormais devenu un symbole du soutien de la contestation française à travers le monde.
Qui est Bally Bagayoko ?
Bally Bagayoko est l'actuel maire de Saint-Denis, une commune de la région parisienne. Il a été élu le 15 mars 2026 dès le premier tour des municipales, sur la liste ''Ensemble retrouvons l'espoir'' et figure parmi une dizaine de maires issus de l'immigration.
Issu d'une famille musulmane d'origine malienne, Bally Bagayoko est né le 31 juillet 1973 à Levallois-Perret, une commune de la région Île-de-France.
Marié et père de famille de quatre enfants, Bally Bagayoko est un cadre de la RATP (Régie autonome des transports parisiens) et est titulaire d'une maîtrise ( bac + 5) en Sciences et technologie de la connaissance des banlieues et d'un DESS en géopolitique à l'Université Paris 8.
Bally Bagayoko aime se présenter comme un "père de famille de quatre enfants, père aimant, marié à une femme que j'aime, quatre enfants qui sont le bonheur de ce que je suis".
Ses enfants sont âgés de 11 à 21 ans. L'aîné porte le prénom de son propre père, disparu en 2021.
Grand amateur de sport, il est un passionné de basket-ball dont il détient un diplôme d'État d'entraîneur de basket-ball.
Connu à Saint-Denis où il a grandi pour son engagement sportif, Bally Bagayoko débute une carrière politique en 2001 au côté du maire communiste de Saint-Denis Patrick Braouezec pour intégrer l'équipe municipale.
Devenu maire-adjoint, il sera également conseiller général du canton de Saint-Denis Nord Est après les élections départementales de 2008.
Quatre ans plus tard, en 2012, le voilà auprès de Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France Insoumise (LFI) qu'il a rejoint dans le cadre du Front de gauche, devenant animateur du groupe d'action local de la LFI à Saint-Denis.
Il est décrit comme un proche de sa famille et fortement imprégné des valeurs de solidarité.
Adolescent, Bally Bagayoko a travaillé pour aider et venir en aide financièrement à ses parents et à ses six petits frères et à une sœur.
Victime d'attaques racistes
Depuis son élection à la mairie de Saint-Denis en mars dernier, Bally Bagayoko fait l'objet de nombreuses attaques racistes revevant des ''courriers négrophobes''.
Il avait même a porté plainte, pour "injures publiques en raison de l'ethnie, la nation ou la religion", obligeant le parquet de Paris à ouvrir deux enquêtes, l'une pour "injures publiques", l'autre pour cyberharcèlement "en raison de sa couleur de peau".
Dans l'émission « 100 % politique », diffusée les 27 et 28 mars derniers, la chaîne d'information Cnews du Groupe Bolloré avait organisé un débat sur les premiers jours du mandat de Bally Bagayoko, à la tête de la mairie de Saint-Denis.
Au cours de cette émission, des propos racistes ont été proférés à l'endroit de l'édile de Saint-Denis.
Sont mis en causes, des propos parlant d'"Homo sapiens", de "grands singes", de "mâle dominant" en référence à Bally Bagayoko qui avait appelé aux autres forces politiques à faire ''allégeance'' après son élection dans cette commune de plus de 100 000 habitants, la deuxième plus grande commune d'Île-de-France.